Fouette !

Xerxès 1er, l’homme qui fit fouetter la mer (en -480)

Ὡς δ᾽ ἐπύθετο Ξέρξης, δεινὰ ποιεύμενος τὸν Ἑλλήσποντον ἐκέλευσε τριηκοσίας ἐπικέσθαι μάστιγι πληγὰς καὶ κατεῖναι ἐς τὸ πέλαγος πεδέων ζεῦγος

Lorsque Xerxès en fut informé, ne le supportant pas, il ordonna de parcourir l’Hellespont en frappant la mer de trois cents coups de fouet, et d’y faire descendre une paire d’entraves.

Hérodote, VII, 34-35

Plus de détails dans : La légende du châtiment de l’Hellespont par Xerxès, Paul Perdrizet, Revue des Études Anciennes, année 1912 14-4, pp. 357-369 – accédé sur le portail Persée (persee.fr) le 9 avril 2026

Est-ce ainsi que les hommes meurent

Depuis bien longtemps déjà,
J’ai cessé d’écrire,
Cesser de lever les yeux,
Cessé de relire.
Dans le parc, devant la grille,
Les hommes arrivent
Et juste une trace de pas
Le long des rives,
Juste une trace de pas
Le long des rives.

Depuis bien longtemps,
Je ne dirige plus les musiciens.
Depuis bien longtemps,
Laissé pendu l’habit de magicien
Dans le parc, devant la mer.
Les robes blanches,
Enfants fragiles comme du verre,
Jouent sous les branches,
Enfants fragiles comme du verre,
Jouent sous les branches…

Est-ce ainsi que les hommes meurent ?
Et leur parfum, au loin, demeure.
Et leur parfum, au loin, demeure.

Depuis bien longtemps déjà,
J’ai cessé de vivre,
De toucher du bout des doigts
La tranche des livres.
Dans le parc, devant la rive,
Des bruits étranges,
Bruissements d’ailes, lumières,
Cheveux des anges,
Le bruissements des ailes, les lumières,
Les cheveux des anges…

Depuis bien longtemps déjà,
Le seul souvenir
D’une miette de vie encore
Que je respire,
Dans le parc devant l’allée,
Le vide immense.
Bruits des pas sur le gravier,
De mon enfance,
Les bruit des pas sur le gravier,
Les ombres dansent…

Est-ce ainsi que les hommes meurent ?
Et leur parfum, au loin, demeure,
Et leur parfum, au loin, demeure.

Gérard Manset , 1985 [chant et musique], 7e plage de l’album Prisonnier de l’inutile


Possiblement inspiré de la chanson Est-ce ainsi que les hommes vivent ? de Léo Ferré, dont les paroles sont tirées du poème de Louis Aragon Bierstube Magie allemande figurant dans le recueil Le Roman inachevé (1956).

Léo Ferré (1916 – 1993), « Est-ce ainsi que les hommes vivent », 1961 [chant et piano], dans Léo Ferré chante Aragon, no. 10, Éd. S.E.M.I. Méridian

Louis Aragon (1897 – 1982), Bierstube Magie allemande, 1956, Le Roman inachevé, 7. La guerre et ce qui s’en suivit, no. 5, Paris, Éd. N.R.F. Gallimard